Volume 6, Numéro 1 – Printemps 2012

 

TABLE DES MATIÈRES

 

PRÉFACE

 

TEXTES SCIENTIFIQUES

 

∙        Les écueils de la coparentalité
Laura CARDIA VONÈCHE et Sylvie CADOLLE

 

∙        Pour parler à deux, il faut être trois... la médiation familiale : une idée démocratique
Pierre GRAND

 

∙        La question de l'adolescence au sein de familles séparées : qu'en est-il du travail thérapeutique auprès des parents
Nathalie SCROCCARO

 

∙        Le risque de rupture du lien parent-enfant

 

  • Section I- Le risque de perte de lien parental et aliénation parentale : quelle prise en charge ?
    Benoît VAN DIEREN

 

  • Section II- Les moyens d'action du juge
    Myriam DE HEMPTINNE

 

  • Section III- La pertinence juridique de l'expertise basée sur la collaboration parentale
    Jean-Louis RENCHON

 

 


 

 

LES ÉCUEILS DE LA COPARENTALITÉ

 Laura CARDIA VONÈCHE* et Sylvie CADOLLE*

 Résumé : Un grand nombre de parents séparés n’arrivent pas à réaliser cette coparentalité qui leur permettrait de coopérer pour l’éducation de leurs enfants. On ne peut aider ces parents que si l’on comprend comment ils se partageaient les responsabilités parentales avant leur séparation. En effet la coparentalité ne sera possible que si elle se situe dans la continuité d’un partage antérieur des rôles parentaux qui les satisfaisait. Or les rôles de genre n’étant plus prescrits désormais, il arrive que, dès la venue de l’enfant, des tensions se produisent au sein du couple à cet égard. De plus, quand la séparation remet en question le modèle antérieur de répartition des rôles, des conflits récurrents sont à craindre, qui ne sont pas les résurgences d’un conflit conjugal, mais qui viennent de griefs, parfois légitimes, qui les opposent en tant que parents.

 

* Laura CARDIA-VONÈCHE est sociologue (Université de Genève) et médiatrice familiale. Ses travaux portent sur le couple et la famille ainsi que sur le champ de la santé. Elle a longtemps enseigné au diplôme de santé publique de l’université de Genève. S’agissant du divorce, ses recherches portent notamment sur l’émergence des nouvel les interventions sociales que sont la médiation familiale et les lieux d’accueil pour le droit de visite. Elle est l’auteur avec B. Bastard de Le divorce autrement : la médiation familiale (Paris, Syros, 1990) et de plusieurs autres ouvrages.

 

** Sylvie CADOLLE est sociologue et Maître de Conférences à Paris-Sorbonne où elle enseigne la sociologie de la famille et de l’éducation aux futurs enseignants de l’IUFM. Chercheuse au CERLIS/Paris-Descartes, elle a réalisé plusieurs enquêtes sur les familles recomposées, les parents d’enfants en résidence alternée, les parents séparés et leurs enfants. Elle est l’auteur de Être parent, être beau-parent. La recomposition de la famille (Paris, Éditions Odile Jacob, 2000) ; de Deux maisons pour grandir (Hachette, 2004) et de nombreux articles dont : « Côté paternel et côté maternel : qui soutient le jeune de famille recomposée ? », La valeur des liens, hommes, femmes et transactions familiales (A. MARTIAL, dir.), Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2009. Elle a publié récemment « La séparation des parents. Quels effets sur l’éducation et le parcours des élèves ? », (2010) 163 Diversité VEI 14, et « Partages entre pères et mères pour la résidence en alternance des enfants et recomposition des rôles de genre », dans A. BELLEAU, A. MARTIAL (dir.), Aimer et compter (Québec, Presses Universitaires du Québec, 2011).

 

POUR PARLER À DEUX, IL FAUT ÊTRE TROIS... LA MÉDIATION FAMILIALE : UNE IDÉE DÉMOCRATIQUE

Pierre GRAND*

 

Résumé : Pour parler à deux, il faut être trois... sans le médiateur il n’y a pas de médiation possible. L’homme trinitaire qu’est le médiateur familial va animer un processus de mise en lien entre deux histoires communes, mais par fois aussi différentes. Après avoir déposé dans l’espace de médiation ce qui fait problème, la rupture de communication, la haine, la colère, la honte, les personnes vont tenter elles-mêmes de se réapproprier leur propre gouvernance afin de redevenir acteur fondé dans leur démocratie familiale, parce que la famille, malgré tout continue.

 

* Pierre GRAND, nommé Chevalier de l’Ordre National du Mérite par le Président de la République Française, Jacques Chirac, et décoré par Monique SASSIER, Présidente du CNCMF, le 14 novembre 2002 à Paris. Directeur d’Établissements de l’Éducation Spécialisée jusqu’en 2000. Médiateur Familial certifié depuis 1992. Membre de l’APMF (Association pour la Médiation Familiale) depuis 1995, Président 1998 2003. Membre du CNCMF (Conseil National Consultatif de la Médiation Familiale) auprès du Gouvernement français. Responsable Pédagogique de la Formation au Diplôme d’État de Médiateur Familial à l’ESSSE (École Santé Social Sud Est) à Lyon, France. Formateur, superviseur pour AMORIFE INTERNATIONAL. Président d’AMORIFE INTERNATIONAL depuis 2010, Membre depuis 2007. Membre de l’AIFI depuis 2003 et Administrateur 2003-2011.

 

LA QUESTION DE L’ADOLESCENCE AU SEIN DE FAMILLES SÉPARÉES : QU’EN EST-IL DU TRAVAIL THÉRAPEUTIQUE AUPRÈS DES PARENTS ?

Nathalie SCROCCARO*

 

Résumé : L’entrée du jeune dans l’adolescence impose toujours au groupe familial des remaniements voire une redéfinition des rôles parentaux. La résonnance entre la crise que traverse l’adolescent et celle que vivent ses parents peut se traduire par des difficultés plus ou moins graves. Dans cette perspective, quelles sont les incidences de ces changements pubertaires et comment ceux-ci se manifestent-ils dans le champ de la subjectivité chez les parents et en particulier au sein des familles séparées ? Que disent les psychologues aujourd’hui de ces parents qu’ils reçoivent au sein de leurs consultations ? Dans le cadre de cet article, nous nous intéresserons à l’impact de l’adolescence des enfants sur la trajectoire de la cellule familiale séparée. Il s’agit d’une réflexion clinique menée dans un contexte professionnel français selon une perspective psychanalytique.

 

* Nathalie SCROCCARO est psychologue clinicienne. Elle exerce dans un centre de traitement des addictions à Paris. Elle est doctorante en psychologie à l’Université de Rennes 2 sous la direction de Pr Sauvagnat François. Sa thèse porte sur les relations familiales et les addictions. Plus particulièrement, elle s’intéresse à la question de l’entourage des adolescents venant en consultation. Nathalie Scroccaro est rattachée au laboratoire de recherche en psychopathologie : Nouveaux symptômes et lien social – Équipe d’Accueil 4050. Elle est auteur de plusieurs articles, conférences et formations portant sur la prise en charge des dépendances, la santé mentale et la précarité. En 2010, elle a participé à la création d’un dispositif d’accès aux soins psychiques pour les personnes migrantes dans un hôpital en banlieue parisienne.

 

LE RISQUE DE RUPTURE DU LIEN PARENT-ENFANT ET L’EXPERTISE AXÉE SUR LA COLLABORATION PARENTALE

Benoît VAN DIEREN*, Myriam De HEMPTINNE** et Jean-Louis RENCHON***

 

SECTION I- Le risque de perte de lien parental et aliénation parentale : quelle prise en charge ? –

Benoît VAN DIEREN

 

SECTION II- Les moyens d’action du juge –

Myriam DE HEMPTINNE

 

SECTION III- La pertinence juridique de l’expertise basée sur la collaboration parentale –

Jean-Louis RENCHON

 

Résumé: L’étude a pour objectif d’appréhender une pratique innovante mise en oeuvre à la Cour d’appel de Bruxelles par un magistrat de la jeunesse et un expert psychologue : l’expertise axée sur la collaboration parentale.

 

Cette mesure d’expertise, effectuée dans le respect des règles procédurales applicables aux expertises judiciaires en matière civile, tend à expérimenter la possibilité de préserver ou de restaurer le lien entre un enfant et un de ses parents séparés, lorsqu’un risque de rupture de ce lien a été diagnostiqué, en contraignant les deux parents à collaborer à la préservation ou à la restauration de la relation avec l’enfant.

 

Les modalités de cette expertise sont décrites par madame Myriam de Hemptinne et monsieur Benoît Van Dieren, après que celui-ci a explicité les situations qui, d’un point de vue psychologique, peuvent conduire à un risque de perte d’un lien parental.

 

Le professeur Jean-Louis Renchon conclut l’étude en analysant la pertinence juridique de cette expertise axée sur la collaboration parentale.

 

* Benoît VAN DIEREN, psychologue, médiateur familial. Professeur de psychopédagogie 9 ans dans des écoles normales en Afrique. A travaillé pendant 20 ans dans un centre PMS, dont une partie consacrée à la guidance des jeunes de 15 à 18 ans en décrochage scolaire (et souvent familial) ; dans les CEFA (Centres de formation en alternance). Formé en 1991 pour la médiation avec Hélène Van Den Steen, effectué différents stages et colloques au Québec avec Lorraine Filion en particulier. Pratique la médiation en comédiation, avec des médiatrices – juristes. Depuis 2000, travaille comme psychothérapeute indépendant (thérapie brève), en thérapie familiale et de couple ; comme médiateur familial et expert auprès des tribunaux. Depuis peu, participe activement à un groupe d’enquête, de réflexion et de proposition auprès de l’ensemble des intervenants dans les séparations conflictuelles.

 

** Myriam DE HEMPTINNE, est juge depuis 1998 et a pratiqué la justice familiale et la protection des mineurs, d’abord comme juge des référés au Tribunal de première instance à Bruxelles et, depuis 2005, comme juge d’appel de la jeunesse à la Cour d’Appel de Bruxelles. Sa pratique l’a amenée à s’intéresser à toutes formes de processus judiciaires et extrajudiciaires qui tendent vers une solution réelle et efficace des conflits familiaux et qui ouvrent vers une évolution de l’être humain et une croissance intérieure. Confrontée aux difficultés propres aux litiges familiaux à caractère transfrontière, elle est devenue membre du Réseau Judiciaire Européen et a été désignée pour la Belgique comme membre du Réseau international des juges de La Haye. Elle participe à la formation des juges dans ces matières.

 

*** Jean-Louis RENCHON, pro fesseur aux Facultés de droit de l’U.C.L. (Louvain-la-Neuve) et des F.U.S.L. (Bruxelles), Centre de droit de la personne, de la famille et de son patrimoine, vice-président de l’AIFI.

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