Version révisée 15 juin 2003
Association internationale francophone
des intervenants auprès
des familles séparées
(A.I.F.I.)
Préambule
En Europe, les initiatives de médiation familiale ont vu le jour vers les années 1975 en Grande -Bretagne. Au Québec, le premier service public de
médiation est né en 1981 à Montréal, puis dans la ville de Québec en 1984. Les premiers contacts entre le Québec et la France en cette matière datent de 1987
et avec la Belgique de 1988.
En Europe francophone, ce sont d’abord les Associations de parents séparés et les professionnels des sciences humaines qui s’intéressent à ce mode de
résolution de conflit, vers les années 1985. Ceux-ci sont préoccupés de trouver une alternative à la logique conflictuelle de la procédure judiciaire et
redonner le pouvoir décisionnel aux personnes en conflit afin qu’elles assument et gèrent les modalités de leur rupture.
Au Québec, c’est en premier lieu l’État qui investit dans ces services lesquels recrutent des travailleurs sociaux et des avocats- conseil pour mettre
en place de tels services dans un esprit de collaboration et d’interdisciplinarité.
Ces services québécois visent les mêmes objectifs que ceux mis en place en Belgique et en France.
Depuis 1987-1988, des centaines de professionnels du domaine juridique et social ont traversé l’Atlantique, dans les deux directions :
- les uns, français et belges, pour venir en Amérique découvrir la
médiation à “l’américaine”,
- les autres, québécois, pour transmettre une expertise dans le cadre de formations ou colloques.
Il est important de mentionner que ces échanges fructueux entre la France , le Québec et la Belgique ont favorisé l’essor d’une pensée et d’une
pratique de la médiation en langue française tant dans les textes, les formations que les actions.
Ces professionnels de la médiation ont permis à des juges, des avocats, des notaires, des psy et des personnes du monde associatif de se retrouver
autour d’une problématique commune: la séparation parentale. Tous sont à la recherche de solutions nouvelles pour aider et soutenir ces adultes et ces
enfants lors des transitions familiales. Il y a plusieurs façons de faire et de penser d’où la pertinence de ces échanges entre différents pays.
Ces rapports professionnels intenses lors de colloques ou de formations ont créé une sorte de synergie. Le mot “médiation” s’est mis à voyager en
français au-dessus de l’Atlantique. Non seulement, nous parlons la même langue ( avec divers accents) mais un langage se développe autour de problèmes
communs et de solutions similaires. Il est de plus en plus reconnu que les besoins complexes et nombreux des familles séparées nécessitent l’intervention de
divers professionnels offrant plusieurs expertises et travaillant en concertation et en interdisciplinarité.
Toutefois nous constatons après une quinzaine d’années, que ces opportunités d’échanges entre médiateurs et autres professionnels de la séparation
parentale ne permettent pas de faire progresser le changement comme il le faudrait. Chaque pays a son Association de médiation familiale mais les médiateurs
entre eux prêchent à des “convertis”. Les contacts avec les autres professionnels sont trop sporadiques et épars par exemple lors d’un colloque ou d’une
formation pour être déterminants. Les professionnels que nous souhaiterions sensibiliser aux besoins des parents et des enfants du divorce, le plus souvent
ne font pas partie de telles Associations visant la promotion de la médiation familiale.
Et même s’ils en faisaient partie, la médiation familiale n’est pas le seul mode de résolution de conflits et de soutien aux familles séparées. En
effet, certaines familles ne peuvent bénéficier de médiation familiale et doivent avoir recours à d’autres services tels que l’expertise ( enquête sociale)
, un lieu neutre de visites supervisées, un avocat pour les conseiller et les représenter à la Cour, un thérapeute familial etc.
De plus, il n’existe aucun lieu et aucune association favorisant ces rapports interdisciplinaires, en langue française, entre tous les acteurs de la
séparation parentale soit les juges, les avocats et notaires, le monde des psy, les médiateurs familiaux, les experts auprès des Tribunaux (Services
d’enquête sociale ou d’expertise), le réseau associatif, les points rencontre (lieux neutres de visites supervisées), les chercheurs, les sociologues de la
famille etc...
Chacun des pays foisonne en ressources de toutes sortes: cliniques, juridiques, sociologiques, familiales. Malheureusement dans le domaine de la
séparation parentale, il n’existe aucun lieu de rassemblement afin de mettre à profit les résultats de ces recherches et de ces expériences. Les publications
françaises en ce secteur spécialisé sont rarissimes et font peu souvent l’objet de diffusion à l’extérieur du pays où l’article est publié. Il y a donc une
perte d’informations et de savoir car ces connaissances passent inaperçues alors qu’elles pourraient être d’un grand intérêt pour les autres pays
francophones, si elles étaient propagées.
À l’aube de ce nouveau millénaire, ce sont les motifs ci - haut mentionnés qui nous incitent à fonder une association internationale francophone des
intervenants œuvrant auprès des familles séparées. Le véritable défi des professionnels de la séparation parentale , et ils sont nombreux à se partager ce
champ de pratique, est de mettre en commun leurs expertises, leurs recherches, leur savoir-faire, leur savoir- être, leurs questions, leurs préoccupations et
leurs solutions.
Cette mise en commun sera dans le plus grand intérêt des familles en transition. La langue française permettra cette synergie de cultures et de
pratiques entre les divers pays membres de l'Association.
L’Association est interdisciplinaire: elle regroupe des juges, des avocats et des notaires, des médiateurs, des professionnels du domaine
psychosocial, des chercheurs, des intervenants du réseau communautaire(associatif), tous oeuvrant auprès des familles séparées.
L’Association est internationale: elle accueille dans un premier temps, au cours de la période d’implantation, des membres du Canada et de
l’Europe.
L’Association promeut des rapports et des échanges en langue française, laquelle sera la langue de communication officielle tant des colloques,
des réunions, des échanges que des groupes de discussions sur internet. Il en sera ainsi des publications à la revue scientifique et au bulletin de
liaison.
Objectifs principaux de l’Association :
promouvoir les modes constructifs de résolution des conflits familiaux
procurer un forum d’échanges et d’idées aux intervenants sociaux et juridiques oeuvrant auprès des familles séparées
offrir des lieux de réflexion afin que ces intervenants puissent développer une action concertée auprès des familles séparées
créer un réseau international entre ces divers intervenants pour favoriser le transfert de connaissances et d’expertises
Réalisations spécifiques de l’Association
- réfléchir à l’évolution de nos sociétés, particulièrement la notion de famille dissociée, les enjeux de régulation sociale qui en résultent et
les structures à favoriser ou à mettre en place
- rendre aux familles séparées, la gestion de leurs conflits familiaux par la promotion d’actions, de services et de lois
- reconsidérer la place et le rôle de chacune des institutions ainsi que les services offerts aux familles séparées
- promouvoir la recherche entre autres sur les types de garde, l’impact de la rupture et les conflits des parents sur l’adaptation de l’enfant,
le rôle du médiateur et l’utilisation de la médiation , le rôle et l’impact du recours à des services de visites supervisées, le rôle et l’utilité des
experts lors des conflits de garde et d’accès, le rôle des juges, des avocats et des notaires , les facteurs de résilience des enfants et des adultes lors
d’une rupture, etc...
- mettre en commun nos bons coups( techniques et stratégies) et nos expériences gagnantes auprès des familles ainsi que les résultats des
recherches cliniques, sociologiques, juridiques, familiales etc.
- établir des collaborations et favoriser le recours à des services d’aide et de médiation pour les parents ayant des résidences éloignées dans
des pays différents
- favoriser une réflexion et une action concertées entre autre pour faciliter l’exercice du droit d’accès du parent non gardien dans les cas où
les parents résident dans deux pays différents et éloignés
- prévenir et réduire la possibilité de kidnapping par la promotion d’actions de prévention, d’information et d’éducation des parents
- encourager et soutenir la publication d’articles dans une revue interdisciplinaire francophone et internationale ainsi que la diffusion
d'informations dans un bulletin de liaison
- tenir une fois tous les 2 ans, un colloque pour faire le point et créer une synergie entre tous les acteurs sociaux et juridiques
- rendre opérationnel un groupe de discussion via Internet sur des thèmes précis reliés à la séparation parentale, l’état des recherches, les
amendements aux lois et règlements touchant la famille, les services offerts aux familles séparées, etc.
Pays visés au départ (pays fondateurs de l'Association)
Belgique
Canada (Québec)
France
Pologne
Pays visés par la suite:
Afrique francophone
Canada (Manitoba, Nouveau-Brunswick, Ontario)
Liban
Luxembourg
Suisse
Autres pays intéressés
Conditions d’admission à l’Association :
Tout professionnel ou intervenant oeuvrant auprès des familles séparées qui adhère aux objectifs de l’Association et qui paie les frais d’adhésion
requis annuellement.
Siège social de l'Association: Montréal, Québec, Canada
Source de financement:
- chaque pays sera appelé à contribuer au départ pour couvrir les frais d’un secrétariat permanent (honoraires, papeterie, téléphonie, fax,
micro-ordinateur, autres)
- les frais d’adhésion à l’Association devraient, par la suite, permettre un autofinancement quant à ces frais récurrents administratifs
- le Comité organisateur du Colloque devrait bénéficier annuellement de subventions de chacun des pays partenaires.
Membres de l’Association :
- les juges de toutes juridictions intéressés aux affaires de la famille et de la jeunesse
- les avocats et les notaires spécialistes en droit de la famille
- les médiateurs, les psychologues, travailleurs sociaux, les intervenants sociaux et communautaires ( le milieu associatif) oeuvrant auprès des
familles séparées
- le personnel des maisons de la famille et tout lieu d’accueil d’un droit de visite supervisée
- les sociologues, démographes, professeurs, chercheurs intéressés et impliqués auprès de la famille séparée tant du domaine psychosocial que
juridique
Fonctionnement et réalisations concrètes de l’Association :
- Constitution d’un comité exécutif provisoire lequel se composerait de représentants de chacun des pays visés soit un juge, un avocat ou un notaire, un
professionnel du domaine psychosocial, un intervenant du secteur communautaire ou associatif, un chercheur ou un professeur d’université. Ces personnes
choisies en fonction de leur expertise, leur leadership reconnu dans leur milieu respectif, leur intérêt, leur disponibilité et leur capacité à travailler en
équipe multidisciplinaire, ne représenteraient pas une association, un ordre professionnel ou une institution mais elles-mêmes. Un pays pourrait juger à
propos de recruter plus d’une personne par secteur selon les besoins spécifiques de ce pays.
- organisation d’un secrétariat provisoire afin d’assurer la mise en place de l’Association
- élection de l’exécutif de l’association lors du premier colloque
- organisation d’un colloque, tous les deux ans, à tour de rôle, dans chacun des pays membres du Regroupement
- mise en opération d’un groupe de discussion via Internet
- création d’une revue professionnelle interdisciplinaire et d'un bulletin de liaison
Membres fondateurs de l’Association :
Belgique:
- Magistrat: Madame Nadia Devroede
- avocats: Me Jacques Bastin et Me Jehanne Sosson
- Professionnels du domaine psychosocial: M. Benoît Van Dieren, psychologue, Madame Françoise Mulkay, psychologue et Madame Françoise Leurquin,
psychologue
- Milieu universitaire : M. Jean-Louis Renchon, avocat au Barreau de Bruxelles et professeur à l'université Louvain-la- Neuve
- Secteur associatif : Madame Monique Stroobants
Interlocutrice du groupe pour la Belgique: Monique Stroobants
France
- Avocat : Me Françoise-Marie Morin, avocate au Barreau de Versailles
- Secteur associatif: Georges Douarre (A.P.M.E. de Versailles) et Pierre Grand ( A.P.M.F.)
Interlocuteur du groupe pour la France: Pierre Grand
Pologne
- Juge : Madame Agnieszka Rekas, juge au Tribunal de la famille de Czestochowa
- Milieu universitaire : Madame Ewa Marynowicz-Hetka, professeur et directrice de la Chaire de Pédagogie Sociale , Université de Lodz, Lodz et Hanna
Kaminska, professeur à la Chaire de Pédagogie sociale, Lodz
Interlocutrice du groupe pour la Pologne : Ewa Marynowicz-Hetka
Canada (Québec):
- Juges: Madame Ginette Piché, juge à la Cour Supérieure du Québec à Montréal et Monsieur Oscar d’Amours, juge à la Cour du Québec à Montréal
- Avocats et notaire : Me Marie Gaudreau, avocate en droit de la famille , M e Pierre Hamel, avocat en droit de la jeunesse et Madame Judith Desmarais,
notaire et médiatrice familiale
- Professionnels du domaine psychosocial: Pierrette Brisson, Lorraine Filion et Harry Timmermans
- Chercheurs: Richard Cloutier, psychologue
- Juriste et politologue : M. Pierre Noreau
- Secteur Associatif: Madame Sylvie Lévesque, directrice de la Fédération des Associations de familles monoparentales et recomposées du Québec
- Secrétariat, trésorerie et soutien technique : Ghislaine Carrière , secrétaire auprès du Service de Médiation à la famille du Centre Jeunesse de
Montréal
Interlocutrice du groupe pour le Québec: Lorraine Filion
Version adoptée par le comité exécutif provisoire québécois le 22 mai 2002
Version adoptée par les comités exécutifs provisoires
belge et français le 20 avril 2002
Version adoptée par le comité exécutif provisoire polonais le 31 décembre 2002
Version révisée le 15 juin 2003