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COMMUNIQUE Attention: chroniqueurs aux affaires sociales
directeur de l'information
L'Association internationale francophone
des intervenants auprès des familles séparées
a du pain sur la planche
Montréal, le 23 juin 2003 L'A.I.F.I. ne manquera pas de matière à réflexion et à action, entre son colloque de lancement tenu du 13 au 15 juin dernier à Montréal et celui qui aura lieu LES 19 ET 20 MAI 2005 en Belgique.
DEFIS DE LA MEDIATION FAMILIALE
Un comité de suivi mis sur pied par l'ex-ministre de la justice du Québec, M. Paul Bégin, après l'adoption de la loi sur la médiation préalable en 1997, produira incessamment un rapport d'étape incluant les résultats d'une recherche sur l'adaptation des familles qui vivent une séparation ou un divorce, ainsi que sur les retombées de la médiation familiale. Cette recherche, menée par une spécialiste affiliée à l'Université de Montréal, constitue une première francophone d'une telle envergure sur le plan psychologique en Amérique du Nord.
Une juge québécoise au colloque de Montréal, parlant de la lente évolution des mentalités, a évoqué le "Collaborative Lawering" qui commence à se développer aux Etats-Unis et dans les provinces de l'Ouest canadien, et qui pourrait modifier profondément la pratique du droit de la famille; dans ce mode de fonctionnement, ce ne sont pas les juges mais les avocats qui se font médiateurs.
Un psychologue du développement constate que l'enfant est au centre des préoccupations en médiation familiale; mais quelle est donc sa place dans l'intervention professionnelle, se demande-t-il. "On invoque beaucoup l'intérêt de l'enfant mais on ne parle pas beaucoup à celui-ci." Il semble en effet que l'enfant soit peu rencontré par le médiateur au cours du processus.
De son côté, un intervenant européen souligne que paradoxalement, la médiation familiale fait l'objet d'une reconnaissance et d'un soutien particulièrement forts de la part des autorités de ce continent, alors même qu'elle reste encore assez faiblement utilisée.
Une conférencière française déplore que les carences de financement et la non adhésion de nombreux acteurs du monde judiciaire rendent chez elle la médiation familiale encore exceptionnelle. "Si pendant longtemps les textes étaient en recul par rapport à la jurisprudence, aujourd'hui le principe est inversé car les tribunaux font une application timorée de la loi sur la coparentalité, consacrant les pratiques habituelles comme celle de l'exercice du droit de visite et d'hébergement" souligne-t-elle, en parlant d'incohérence et de défaut d'écoute.
En Pologne, nous apprend une autre intervenante, la prise en compte de la médiation dans les textes de loi est déjà un premier pas vers le développement de cette forme de travail; mais à part une initiative particulière, cet outil est très rarement utilisé lors de divorces. Aucun texte officiel ne parle de la formation des médiateurs, dont on attend impartialité et confidentialité, ce qui rend intéressante la proposition de l'Université de Lodz d'offrir en octobre prochain une formation post-diplôme dans le cadre de la chaire de pédagogie sociale, et ce en coopération avec madame Lorraine Filion, spécialiste du Service de médiation à la famille à Montréal.
Entretemps s'est tenu le 21 juin, en Belgique, un débat sur l'intérêt pour les médiateurs de se constituer en association professionnelle.
VISITES FAMILIALES SUPERVISEES
Un Comité québécois formé de représentants des ministères de la justice, de la santé et des services sociaux, de l'emploi, de la solidarité sociale et de la famille, ainsi que de l'Association des centres jeunesse, devrait produire son rapport cet automne sur la situation des visites familiales supervisées en lieux neutres, après avoir consulté entre autres des organismes communautaires, les Barreaux et la magistrature. De tels lieux sécuritaires, fournis le plus souvent par des organismes communautaires, sont utilisés lorsque l'exercice du droit d'accès de l'enfant à l'un de ses parents est difficile, litigieux ou interrompu suite à une séparation ou un divorce; on peut aussi y avoir recours lorsque l'enfant fait l'objet d'une mesure de protection (par exemple un placement en dehors de son milieu familial), pour lui permettre de maintenir le lien avec ses parents ou sa fratrie. On attend beaucoup de ce comité puisque tout est à faire en cette matière : les besoins des familles sont complexes, les pratiques disparates et les normes inexistantes, tandis que le financement est déficitaire.
Dans le cadre du Colloque, les intervenants français, belges et canadiens ont fait état de l'importance de tels services pour maintenir les liens parents-enfants. Toutefois, tant en Europe qu'en Amérique, on constate la précarité au plan économique de ces ressources. Pour sa part, la directrice générale de la Fédération des unions de familles du Québec a déploré que les visites supervisées souffrent depuis déjà près de 15 ans de l'absence quasi-totale de financement public pour la supervision des droits d'accès conflictuels.
MOBILITE DES FAMILLES ET DANGER D'ENLEVEMENT
A travers la francophonie, les différences de nationalité, de culture, de religion et de langue exacerbent de plus en plus les difficultés inhérentes à la vie de couple, compréhension entre les partenaires mais aussi intégration à l'entourage et formation de l'identité de l'enfant. La séparation des couples doit donc être interprétée en référence au contexte de l'internationalité et pas seulement en termes interpersonnels.
Au Canada, une participante au Colloque a mis en relief la précocité grandissante de l'âge auquel les enfants sont soumis à la rupture de leurs parents, et la fréquence des nouvelles unions des ex-conjoints ainsi que la fragilité de ces nouvelles familles recomposées.
Dans le cadre de l'Union européenne, des réflexions sont en cours en vue d'une uniformisation des principes juridiques de base applicables en matière d'autorité ou de responsabilité parentale et de garde des enfants. Il conviendrait également de mettre en place des mécanismes de coopération entre les différents Etats et systèmes judiciaires concernés, et de dialogue entre les différents acteurs institutionnels.
Un magistrat français souligne que la médiation familiale internationale intervient dans des cas de conflits anciens et bloqués, où enfants et parents sont littéralement calcinés par la souffrance et emmurés dans le ressentiment; la reprise du dialogue n'est donc concevable qu'après un travail de préparation psychologique qui doit s'accompagner d'une organisation juridique dans les pays respectifs ainsi que d'un soutien logistique (vidéoconférences) et financier (aide judiciaire), sans oublier une formation à l'échelle européenne de médiateurs professionnels. Plaidant pour une Europe des liens et pas seulement pour une Europe des biens, la conférencière affirme que si l'on considère l'énormité des coûts humains, judiciaires, sociaux et financiers des conflits familiaux mal réglés, la médiation s'avère à long terme économe des richesses de la société.
NOUVEAU POUVOIR DE L'ENFANT-ROI
Un intervenant français a fait remarquer que la place de l'enfant a beaucoup évolué dans nos sociétés modernes; d'abord garant de la lignée patrimoniale familiale, puis référent de l'investissement éducatif et relationnel de la cellule familiale, et finalement sujet de droit institutionnel.
Un collègue belge explique que la double impuissance des parents séparés et de la justice face à l'enfant les conduit à s'adresser à celui-ci pour les éclairer sur son intérêt. L'enfant se retrouve ainsi tout puissant vis-à-vis des adultes, devenant par là même un objet-enjeu à séduire, manipuler, intimider.
Deux intervenants québécois ont entretenu leur atelier de lieux d'écoute et de parole, ainsi que d'initiatives en milieu communautaire et de collaboration CLSC-écoles. Il s'agit d'une part de séminaires sur la coparentalité qui informent les parents (écoute), de rencontres d'échanges entre parents (parole), et de sessions de groupes "confidences" (parole) pour les enfants de 6 à 11 ans. En milieu communautaire, on parle d'ateliers de croissance pour jeunes de 7 à 12 ans et de groupes thématiques d'entraide pour parents.
Quant au programme CLSC-écoles pour les familles en changement, qui fera sous peu l'objet d'une évaluation rigoureuse, il comporte 3 volets : groupes classes et groupes d'entraide pour enfants-parents, et groupes parents après la séparation.
Siège social de l'AIFI établi à Montréal, Québec, Canada
Montréal, a été choisi comme ville siège de l'A.I.F.I..
Cette Association internationale francophone sera administrée par 9 personnes provenant de 5 pays différents (Belgique, Canada, France, Luxembourg et Pologne); ces administrateurs ont été élus par la première assemblée générale tenue le 15 juin 2003.
L'Association regroupe des juges de toutes juridictions (Cour d'Appel, Cour Supérieure, Cour du Québec, chambre de la jeunesse), des juristes (notaires et avocats), ainsi que des intervenants sociaux et communautaires, ayant tous en commun leur travail et leur passion pour l'amélioration des services offerts aux familles séparées.
Pour information, contacte Nicole Gladu, journaliste tél. 514-762-4600
ou Lorraine Filion, Présidente de l'AIFI, tél. 514-393-2286
Date de création : 06/10/2003 @ 15:26
Dernière modification : 11/06/2008 @ 01:05
Catégorie : Le Colloque 2003
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